Les délibérations

NOTRE DERNIER BULLETIN MUNICIPAL

ÉDITO

Baisse des dotations, transfert de compétences, instabilités fi­nancières… En ces temps incer­tains, le devenir des collectivités locales préoccupe fortement les élus, ceux des communes en premier lieu. C’est une per­pétuelle recherche d’équilibre entre juste contribution des citoyens d’un côté, services et équipements souhaitables de l’autre. A Mellac, le taux d’imposition n’a pas varié de­puis 2009.

Du fait des lois successives qui incitent aux regroupements et mutualisations, de nombreux transferts de compé­tences ont lieu. Il en va ainsi de la gestion des zones éco­nomiques, de l’urbanisme, de l’eau et de l’assainissement. Si, à terme, les services devraient être plus efficients et les coûts de fonctionnement moindres, les années transitoires apparaissent plus difficiles pour les communes..

C’est ce pourquoi la baisse des dotations se fait en­core plus durement ressentir.

En effet, pour contribuer au désendettement de l’Etat, la commune perd désormais un montant initial de dotations de l’ordre de 150 000 chaque année : une somme énorme à notre échelle. Sur 20 ans, c’est donc 3 millions d’euros qui nous échappent. De quoi financer bien des besoins justement souhaités par nos populations.

Imaginons une telle baisse au sein des familles : c’est toute une façon de vivre qui est à réorganiser.

C’est ce que nous faisons tous les jours, avec inélucta­blement des restrictions en tous genres, tant au niveau des personnels que des dépenses régulières. Ainsi, avec 150 000 €, nous aurions pu réhabiliter en un an l’équiva­lent de cinq fois la route des poulaillers près de Kerfeles (réfection totale en cours sur 600 m). 150 000 €, c’est le coût annuel de cinq agents (30 000 x 5) avec les charges, agents des écoles, de la restauration scolaire ou des ser­vices techniques.

Pour pallier ces baisses brutales de ressources, nous interve­nons dans plusieurs directions. Les agents de voirie et des es­paces verts, comme les administratifs, ne sont, par exemple, plus remplacés pour les congés ou différents arrêts. Bien sûr, les services rendus s’en ressentent. Certes, de nouveaux habitants – et donc des contribuables – s’installent à Mellac mais les charges s’en trouvent aussi augmentées.

Pour autant, doit-on, dans cette situation contrainte, renoncer à certains équipements ? Les projets annoncés, nous les avions différés et ils sont désormais engagés. Pour le coup, sur deux opérations en cours, nous sommes bien aidés. J’y vois là, personnelle­ment, une juste compensation. Sur le bâtiment de la Médiathèque-lieu-de-vie estimé à 730 000 € HT avec les honoraires, nous avons 80 % de subventions et il reste 146 000 € à la charge de la commune. Pas d’hésitation à avoir : un tel financement ne se représentera pas de sitôt. 146 000 €, c’est le prix d’une maison moyenne (608 € par mois sur 20 ans).

Nous donnerons – c’est une estimation très large – trois fois plus pour la salle festive que nous venons de voter : 1 800 € par mois. Je suis persuadé que les services rendus et les nouvelles capacités d’animation communale ainsi amenées méritent cet effort, somme toute raisonnable.

Et pour boucler cet édito essentiellement dédié au « nerf de la guerre », constatons que pour ces deux bâtiments, la charge communale annuelle équivaut à 30 000 € : cinq fois moins que… le montant des dotations perdues.

 

 

 

Bernard Pelleter, Maire

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